À propos du

Créol, Créole, Kréòl, Kréyòl, Kriyòl

 

 

CE terme s’est imposé pour désigner divers éléments ; il convient d’en faire un usage éclairé.

Il désigne aujourd’hui :

Ayant une compréhension éclairée du terme "créole", il convient de l’utiliser en toute connaissance de cause sachant qu’il désigne pour la majorité : un peuple, sa langue et sa culture issus d’un traumatisme commun qu’est la traite d’Africains et leurs mises en esclavage en terres d’Amériques et des îles de l'océan Indien.

 

Étymologie

L’origine étymologique de ce mot est connu, il vient du latin : "criar" (lié à "creare"  pour créer). "Criar"  veut dire élever (nourrir, éduquer) et de 'dresser', (façonner, pour ne pas dire dompter). Il désigne à l’origine un serviteur élevé dans la maison de son maître sous l'empire Romain.

Il fut utilisé par les "envahisseurs" venant de la péninsule Ibérique qui furent les premiers colons et esclavagistes. D’abord les Portugais avec " crioulo " pour désigner les Noirs nés au Brésil. Ensuite les Espagnols avec "criollo" pour désigner leurs enfants (blancs) nés en terre étrangère colonisée.

Ce dernier sens fut adopté par les Français pour leurs enfants (blancs) nés aux Caraïbes et en Amérique ; Joséphine de Beauharnais, l’épouse de Napoléon Bonaparte est la plus connue des Créoles (blancs) de la Martinique.

Le terme fut ensuite appliquer aux noirs naissant sur les terres colonisées tout comme au Brésil. Mais apparemment seuls les "territoires" français ont conservé et vulgarisé le mot, probablement, au départ, pour distinguer les deux  types d'esclaves : créoles et bosals, très nombreux à Saint-Domingue (Haïti) estimé à environ 750000.

 

Un mot utilisé par des colons esclavagistes dans un contexte raciste

Que ce terme soit aussi appliqué aux Noirs semble logique puisque :

Ce dernier point de vu rend l’usage du mot "créole" très péjoratif quand il est prononcé par un Européen pour désigner les Peuples noirs. D’autant qu’on ne peut le détacher du contexte dont lequel il fut né, c'est-à-dire à l’époque où les français – comme d’autres européens – avaient une politique raciste de déshumanisation des Noirs : penser aux conditions de la traite négrière, de l’esclavage, du "Code Noir", et des Zoos humains en Europe.

Le terme "créole" ne fut donc pas appliqué par les français aux Noirs Africains et leurs descendants pour les valoriser. L’esprit de l’époque était au contraire à l’abaissement animal. D’ailleurs, ce ne sont pas les descendants Noirs qui se sont donnés des expressions animalières pour désigner les nuances de pigmentation comme : chabin, chabine, mulâtre, mulâtresse etc.

Quand un européen utilise le mot "nègre" (qui pourtant veut dire "noir" en espagnol) pour désigner un Noir Africain ou ses descendants, cela met en émoi ces derniers. Pourquoi ? Parce qu’il est toujours perçu péjorativement dans la bouche d’un Européen, quels que soient ces intentions, sachant que ce mot était utilisé par leurs ancêtres avec un esprit méprisant, rabaissant, raciste. Le mot "créole" ne suscite pas la même émotion alors qu’il fut appliqué dans le même contexte. Comment expliquer cela ? Est-ce parce que ce terme fut utilisé avant pour des blancs ? Ou est-ce là l’illustration de la parfaite aboutissement de la “ créolisation ” ou la vision du 'maître' est assimilée et intégrée ?

Rappelant encore que le terme s'impose et se justifie car il désigne divers éléments comme expliqué plus haut.  Mais quand un petit fils ou une petite fille d'esclave l'utilise aujourd'hui, il doit le faire de manière éclairé, c'est à dire en toute connaissance de cause, en n'oubliant pas son aspect péjoratif.

En effet, "Créole" évoque aussi "le colonisé", "l'assimilé" celui qui a été (a été ?) "dominé" et "façonné" ;
Sous cet angle, y a -t-il fierté à revendiquer d'être un ou une "Créole" ?

 

"C'est une Créole !"

La CréoleCette expression utilisée par les colons, notamment en Louisiane, pour désigner une femme noire (une "métisse", souvent fruit d'un viol) d'un exclavagiste Français, semble valorisante. Mais est-ce vraiment le cas ?
Dans les sociétés esclavagistes et même en Europe cette expression désignait le type de "Négresse" des colonies livrées à une maison de prostitution et abusées. Aujourd’hui un homme blanc se garderait bien de dire : "c'est une belle négresse" pour ne pas avoir d’ennuis, mais s’il dit : "c'est une belle Créole" ça semblerait acceptable pour tous. Cependant, cette expression est d’abord un relent du phantasme des colons sur la femme Africaine qui remonte à l’époque où les maîtres traitaient leurs esclaves, notamment "femelles", avec les pires abus qu’autorisaient leurs imaginations dépravées.

 

Une mentalité animale et zoophile

Viol Colletif NégresseLes Français et les autres blancs européens ont classé l'homme et la femme de peau noire au rang de "bête" simplement parce qu'ils étaient différents d'eux. Ils s'en convainquaient au point de transposer des mots issus de croisement d’animaux à leurs progénitures nés du viol de leur "Négresse" ; d'où les mots : "cabresse", "capresse", "chabine", "mulâtresse"... attribués à ces enfants selon le degré de "mixité" et de mélanine. Il fallait une mentalité particulièrement tordue pour considérer que l'enfant qu'on générait ne soit pas tout à fait humain.

Des questions se posent sur la mentalité de ces "simiesques" blanc.
En effet, s'ils considéraient la femme noire comme non humaine, quand ils la violaient, se disaient-ils qu'ils avaient des relations sexuelles avec une bête ? Et celui qui est persuadé de copuler avec une bête n'est-il pas un zoophile ? En définitif, qui se considérait et se comportait en bête ?
Peut-on s’étonner que la théorie qui dit que "l’homme serait un simiesque évolué" émane d’esprit de ceux qui se considéraient déjà comme des animaux.


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 Le créole, une langue !

  La naissance de la langue créole est quelque peu mystérieuse. Comment expliquer qu’une langue naisse simultanément sur plusieurs zones géographiques très éloignées, (sans qu’il y ait eu d'échange), et soit comprise entre les locuteurs ? En effet, Guyanais, Guadeloupéens, Martiniquais, Haïtiens, Dominiquains et Saint-Luciens(1) se comprennent aisément quand bien même les nuances de créole !

   Pendant longtemps parler le créole était mal perçu parce que synonyme d'illettrisme ; le créole était un mauvais français, un baragouin, qui plus est il ne s'écrivait pas. Les choses ont bien changé depuis. Aucune langue n'est à mépriser et quant à populariser l'écriture créole ce n'est qu'une question de convention et d'organisation.

   Quand on parle de la langue créole, on pense en premier au créole à base du français (en réalité des langues régionales de la France des années 1600 car il n'y avait pas encore une langue française unifiée). Les linguistes disent que la colonisation a généré plusieurs créoles. On précise maintenant la base lexicale du créole évoquée. Ainsi, il existe des créoles à base lexicale : anglaise, néerlandaise, portugaise et espagnol ; ces langues créoles sont aussi étrangères entre elles que leurs langues sources.

Comment aurait pu naître cette langue ?

  Les Africains mis en esclavage dans la Caraïbe et l’Amérique du Sud ne purent pratiquer — et de fait, conserver — leurs langues maternelles en raison de la séparation et le mélange des familles et des peuples Noirs lors de la traite. Pour pouvoir donc échanger entre compagnons d'infortune déportés, d’ethnies et d’expressions très variées, mais aussi pour que les colons Européens puissent leurs transmettre des ordres, s’est donc développé un pidgin. Ce pidgin se serait structuré et enrichi pour devenir pour les générations suivantes une langue maternelle : le créole.

Un pidgin est traditionnellement défini comme le parler qui s'établit quand deux groupes de populations qui ne partagent pas la même langue essaient de se comprendre mutuellement. Il s’agit d’un langage basique simple du genre : " Moi Tarzan, toi Jane ", on parle aussi d'un " sabir ".

Les linguistes ne sont pas unanimes pour définir la naissance du créole comme une évolution d’un pidgin. D’autres théories font débats pour expliquer la naissance des créoles.

Ainsi, des linguistes et neurologues expliquent que l'humain possède un bio-programme neurolinguistique qui s'est mis en oeuvre lors de ce grand chao culturel et a généré des créoles à partir de bribes de mots africains et européens. Ce bio-programme se serait aussi activé pour créer le saramaca, l'okanisi et le sranan tongo qui sont aussi des "créoles" mais avec d'autres bases lexicales.

(1) : Les Français occupèrent Sainte-Lucie pendant 137 ans, entre 1650 et 1795)

 

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